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Discours du major de promotion 2011 Ainsi donc, Commandant Denis, me voilà désormais promue au grade de Major ! Major de promotion : étrange qualification ! Tout autant d’ailleurs que les mentions : satisfaction… Distinction !... Grande distinction ! La Plus grande distinction !! Tous ces grades conférés au cœur d’un établissement, dédié à la pratique de l’Art d’éduquer ! Je m’explique : nous qui avons, pendant 3 ans, rêvé d’un système où nos apprenants bénéficieraient d’un rapport différent aux notes, à la compétition… d’un système où l’on étalerait moins les notions de doublants, de premiers de classe, d’affiliés aux secondes sess’… Nous voici définis par un grade. N’est-ce point paradoxal ?Heureusement, nous en avons conscience, un classement est relatif. Et chaque jour, au fil de notre carrière, dans notre pratique professionnelle, j’espère que nous saurons nous en souvenir. C’est ce jeudi après-midi que le Commandant en chef de la HERS, département pédagogique, le ci-devant Commandant Denis, m’a contactée pour me confier ma première mission en qualité de Major, soit prendre, ce jour, la parole au nom de la promotion 2011. Ok, mon Commandant. J’assume…
Ma priorité est bien évidemment de remercier ceux qui nous ont soutenus, ceux qui ont partagé nos joies, nos découragements,
(nos révoltes, quelquefois…), ceux qui nous ont permis d’avancer, quelles qu’aient été les circonstances.
A nos familles, à nos amis, et bien sûr à tous nos professeurs et à l’ensemble de l’équipe
pédagogique, au nom de tous les éducateurs, instituteurs et enseignants fraîchement diplômés, je vous dis merci !
Merci d'avoir été présents, compréhensifs et d’avoir cru en nous ! Maintenant, ceux qui me connaissent savent que je ne pourrai me satisfaire d’un discours 100% consensuel… Profiter de ce moment festif n’empêche en effet aucunement d’évoquer les points marquants de notre parcours d’étudiants. Permettez-moi donc de revenir sur 3 axes, indubitablement importants de notre formation, qui ont rythmé notre cursus : les travaux, les stages et les évaluations. Moult travaux ont jalonné nos études ! Travaux parfois trop peu débattus, certes, pas tous inutiles, mais… Diantre ! Mesdames, Messieurs les Professeurs, que de temps passé à user les claviers de nos pauvres ordinateurs pour produire tous ces écrits. Commandant Denis, lors de la prochaine Saint-Nicolas, nous émettons donc le souhait que chaque étudiant de cet établissement reçoive un kit administratif comprenant notamment 3 cartouches d’encre noire, 2 cartouches d’encre couleurs et au minimum 3 rames de papier de 500 feuilles, format A4 ! Merci d’en prendre bonne note et d’en faire la promesse devant l’assemblée, ici présente. Second axe, les stages, moments attendus avec impatience, avec enthousiasme et quelquefois, avec appréhension, ils restent, à mes yeux, les instants les plus formateurs de notre cursus. Souvent, ils nous ont fait prendre conscience du décalage important existant entre le « dire » et le « faire ». Toutefois, tout le monde ne les a pas vécus de la même manière. Pour ma part, j’ai pu apprendre auprès de maîtres de stage exigeants, bienveillants, riches en pédagogie. Mais, certains d’entre nous n’ont pas eu cette chance. Certes, il s’avère que ces cas ne sont pas nombreux, mais ils existentet chaque section peut en témoigner. Passons enfin aux évaluations. Ne peut-on dire (en caricaturant quelque peu) que l’acronyme TFE est dans cette école signifiant de « Trop Fréquemment Evalué » ? Je parle évidemment au niveau quantitatif et non au niveau qualitatif. Nous le savons mieux que quiconque, l’évaluation est la courroie de transmission de la motrice « pédagogie ». Sur ce point, permettez-moi de citer Paul Valéry qui, déjà le 16 janvier 1935, dans une conférence intitulée « Bilan de l’intelligence », assertait : « L’épreuve de l’examen est utile et juste : celui qui ne l’a point surmontée n’en surmontera aucune autre. » Il est donc pertinent de donner aux évaluations toute leur puissance pédagogique. Mes amis, soyons-en conscients, notre formation a contribué à notre maturation vocationnelle en suscitant un questionnement permanent : qu'est-ce que la fonction d’enseigner ? Qu’est-ce qu’éduquer ? Vastes questions dont nous ne détenons finalement, à cette heure, que quelques bribes. A présent, il nous faut mettre à profit l’enseignement reçu et, chaque jour, le faire fructifier dans l’intérêt des bénéficiaires qu’ils soient enfants, adolescents, voire adultes. Ce public qui nous sera confié, et qui nous fera confiance, mérite en effet que nous lui donnions le meilleur de nous-mêmes. Mes chers compagnons de route, que la saveur de la réussite ne nous amollisse pas ! Ne cédons en rien sur notre exigence ! Poursuivons nos idéaux, quels qu’ils soient ! Soyons nous-mêmes, soyons vrais ! Mobilisons nos énergies pour nous approprier cette célèbre formule de Danton : « De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! ». Monsieur le Directeur, Mesdames et Messieurs les Professeurs, Mesdames, Messieurs, et vous, bien sûr, mes chers ex-condisciples et désormais collègues, je suis venue, vous m’avez vue, j’espère que je vous aurai convaincus.
Alicia Morette
Major de promotion 2011 Régente en français / fle ![]() |